• PETIT RUMINANT - Voici les fréquentes questions / réponses

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ALIMENTATION / LOGEMENT

La méthode la plus économique pour nourrir les chèvres est la mise au pâturage. Toutefois, il est bien important d’avoir une bonne régie pour éviter le gaspillage et le parasitisme. Les animaux doivent être placés sur une petite parcelle à la fois et fonctionner en rotation de pâturage. De plus, il est très important de fournir un abri et de l’eau fraîche en tout temps.

L’alimentation avec ensilage comporte certains risques telle la listériose chez les petits ruminants. Cette bactérie se développe dans les ensilages et peut affecter le système nerveux des chèvres et des moutons. Les signes les plus fréquents sont la paralysie faciale, l’hypersalivation et une  tête penchée du côté affecté. Cette infection se traite si le problème est détecté très tôt.

La ventilation des bâtiments est essentielle pour diminuer les infections respiratoires. Il faut éviter les variations brusques de température ainsi que les taux d’ammoniac et d’humidité trop élevés. Ces facteurs ont pour conséquence d’irriter les voies respiratoires et favorisent, par le fait même, le développement de pathogènes.


TEMPÉRATURE

La température normale chez le mouton se trouve autour de 39˚C et pour la chèvre entre 38.5˚C et 40˚C.


VACCINATION / PRÉVENTION DES MALADIES

Il est recommandé de vacciner tous les petits ruminants contre le tétanos et autres clostridiums. La vaccination doit se faire vers 2 mois d’âge chez les bébés et 1 mois avant la mise-bas chez les mères. Chez les petits provenant de mères non-vaccinées, la vaccination peut être effectuée dès 1 mois d’âge. À la primo-vaccination, une dose de rappel un mois plus tard est recommandée.
À noter : La transmission du tétanos n’est pas rare lors de la tonte.

La supplémentation de vitamine E et Sélénium est essentielle chez les nouveaux-nés. Ces vitamines sont sous forme injectable et doivent être administrées à la naissance et à 1 mois d’âge. Les mères peuvent aussi recevoir une dose 4 à 6 semaines avant la mise-bas, ce qui serait l’idéal.

La vermifugation des animaux est très importante surtout si ces derniers ont bénéficié d’un pâturage. Les vers intestinaux peuvent causer de l’anémie sévère pouvant entrainer la mort. La vermifugation peut se faire par voie orale, topique ou injectable. Ce sont des produits sous prescription vétérinaire.

Pour une question de biosécurité, il est très important de désinfecter tous les outils utilisés lors de la tonte, de l’écornage, etc. De plus, changer d’aiguille entre chaque animal est nécessaire pour éviter la transmission de certaines maladies.

La déficience en thiamine est assez fréquente chez les petits ruminants surtout chez les jeunes. Elle peut être causée par une alimentation trop riche en mélasse ou par un médicament coccidiostatique. Des signes nerveux seront alors observés : isolement, refus de s’alimenter, ataxie, cécité et une tête orientée vers l’arrière. Le taux de mortalité est très élevé si la condition n’est pas traitée. Une supplémentation en thiamine est donc essentielle.


QUELQUES MALADIES FRÉQUENTES CHEZ LES PETITS RUMINANTS

Hypocalcémie :
Comme chez la vache laitière, les brebis et chèvres lors de la mise bas et les semaines suivantes peuvent souffrir d’hypocalcémie (un manque de calcium). Les signes cliniques sont une température corporelle diminuée, de la faiblesse, le décubitus (la brebis est incapable de se lever debout) et le manque d’appétit. Une administration de calcium par voie sous cutanée aidera à normaliser la calcémie durant la période à risque.

Lymphadénite caséeuse :
La lymphadénite caséeuse est une infection bactérienne très fréquente qui se manifeste par la formation d’abcès aux ganglions lymphatiques. Cette infection est contagieuse, il faut donc isoler l’animal le plus efficacement possible.

Coccidiose :
La coccidiose est causée par un petit protozoaire (parasite) qui affecte plus fréquemment les jeunes animaux et qui se manifeste par de la diarrhée et un dépérissement chronique. Il est très important de procéder à un bon lavage et désinfection des parcs et d’offrir aux jeunes animaux une moulée supplémentée avec un coccidiostatique. Un traitement sous forme de sirop est disponible pour traiter les cas cliniques de coccidiose.

Poux :
Le signe le plus fréquent est la perte de laine au niveau du dos et la perte de condition de chair. Un traitement doit alors être versé sur le dos lors de la tonte et répété la semaine suivante pour les animaux fortement parasités.

Zoonoses :
Les petits ruminants peuvent être la source de plusieurs maladies transmissibles à l’humain. Par exemple, la fièvre Q qui est la cause d’avortements chez les animaux se manifeste, la plupart du temps, par un syndrome grippal chez l’homme. C’est pourquoi il est important de toujours porter des gants et un masque lors d’épisodes d’avortements. De plus, les femmes enceintes devraient éviter de visiter les élevages de petits ruminants durant la grossesse.

Toxémie de gestation :
La toxémie de gestation est la conséquence d’un manque d’énergie dans l’alimentation. Si la femelle est gestante de plusieurs petits à la fois, le risque de toxémie de gestation est beaucoup plus élevé. En effet, l’espace occupé par les bébés dans l’abdomen fait en sorte que physiquement, la mère n’est plus capable de consommer un assez gros volume de nourriture pour combler ses besoins en énergie. Par ailleurs, il est évident que 3 petits qui grandissent dans l’utérus demandent davantage d’énergie à la mère qu’un seul. Il faut donc offrir une nourriture de qualité, plus riche en énergie. Les femelles avec un état de chair plus maigre ainsi que les plus grasses sont plus à risque aussi. C’est bien beau tout ça, mais comment ça se manifeste? Premièrement, ça affecte principalement les femelles dans le dernier trimestre de gestation. La brebis affectée semble faible, a de la difficulté à se lever voir même incapable, elle manque de coordination dans ses mouvements, tourne en rond et peut parfois grincer des dents. Dans les cas très avancés, la condition peut s’amplifier et mener vers des convulsions. Il faut donc agir vite dès les premiers signes suspects. Le traitement consiste en redonner de l’énergie (du sucre qu’on appelle du propylène glycol) par la bouche et par voie veineuse (dextrose). Idéalement, c’est aussi d’induire la parturition ou carrément de procéder à une césarienne si le cas est critique. Il est certain que la prévention vaut mieux que le traitement. En effet, un bon plan de nutrition doit être adapté en fonction du stade de gestation, du nombre de fœtus (il y a des races de brebis plus prolifiques que d’autres) ainsi que de l’état de chair des brebis.

 

LAMAS ET ALPAGAS
CARACTÉRISTIQUES DES CES ESPÈCES

Tout d’abord, sachez que les lamas sont plus gros que les alpagas c'est-à-dire autour de 150-200 kg pour les lamas versus 50-75 kg pour les alpagas. Ce sont des espèces de la grande famille des ruminants. Ils possèdent 3 pré-estomacs contrairement à la vache qui en a 4 (c’est-à-dire 3 pré-estomacs et un véritable estomac).

Autre fait intéressant, les dents de ces animaux peuvent avoir besoin de meulage comme celles des chevaux. Au niveau des incisives, cela peut s’avérer essentiel car il y a un risque accru de malocclusion dentaire.

De plus, comme le cheval, les lamas/alpagas respirent uniquement par le nez. Il faut donc éviter de compresser les nasaux lors de la contention de notre animal et utiliser un licou prévu pour cette espèce.

DU POINT DE VUE MÉDICAL, VOICI CE QU'IL FAUT SAVOIR

La température corporelle normale chez ces espèces se situe entre 37.5 et 38.5˚C.
Les problèmes de santé les plus fréquemment rencontrés sont :

    - Parasitisme
  • - Abcès d’une racine dentaire
  • - Coups de chaleur
  • - Ulcère d’estomac
  • - Rétention de méconium chez le nouveau-né

Particularité du cria (nouveau-né) : Il doit être capable de se tenir en position sternale entre 2 et 10 minutes suivant la naissance. Par ailleurs, le cria doit aussi être en mesure de se tenir debout et téter seulement quelques heures après.

Au niveau reproducteur : La puberté survient vers 5-6 mois d’âge. Les lamas/alpagas ne démontrent pas de signes de chaleur évidents et l’ovulation a lieu suite à la copulation (induite). Celle-ci se fait en position couchée et peut durer une vingtaine de minutes. La façon de savoir si la femelle est réceptive au mâle, c’est qu’elle se place en position couchée. Le refus du mâle peut être un signe de gestation, sinon un diagnostic peut être fait à l’échographie vers 60 jours par voie trans-abdominale. Le temps de gestation est malheureusement variable comme chez la jument mais dure en moyenne 330 jours pour les alpagas et 350 jours pour les lamas.

RÉGIE

Il est important de ne pas garder plus de 5 à 8 alpagas ou de 3 à 4 lamas sur une acre de pâturage. De plus, afin de diminuer les risques de parasitisme, il est nécessaire de faire une rotation de pâturage. D’ailleurs, le contrôle parasitaire doit être adapté à chaque élevage. Idéalement, c’est d’identifier les types de parasites à l’aide d’une analyse de selle afin d’éviter la possible résistance au produit utilisé.

Il est aussi conseillé d’avoir une clôture très haute pour éviter que des chevreuils entrent en contact avec votre animal. En effet, ces derniers sont porteurs de ce qu’on appelle le ver méningé, celui-ci est très dangereux pour la vie des lamas/alpagas.

Au sujet de la vaccination, aucun vaccin n’est homologué pour ces espèces toutefois il est conseillé de vacciner avec un produit contre les clostridiums.

Au niveau de la nutrition, les lamas/alpagas doivent avoir accès à du foin à volonté autour de 10 à 16 % de protéine. Les grains ne sont pas nécessaires à part pour les femelles en fin de gestation ou lors des mois d’hiver très froids.

Finalement, la tonte doit être effectuée avant la saison chaude pour éviter les coups de chaleur.

L'Hôpital Vétérinaire de Louiseville a à COEUR la santé et le bien-être de votre animal.

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